Quelle place pour l'écologie à la fac?
La place de l’écologie dans l’Université devra dans les années à venir se situer à 3 niveaux :
1) Assurer le passage de la société productiviste que nous connaissons à une société eco-responsable.
Cela signifie que des métiers vont disparaître ou fortement régresser, mais que de nouveaux vont pouvoir se créer. En Allemagne, un Million de personnes travaillent dans le domaine des nouvelles technologies environnementales, le projet de Cap21 est de mètre en place une politique permettant la création d’ici 5 ans de 300 000 emplois dans ce domaine (pour plus de détails sur ce plan se référer au livre ECORESP 2). Actuellement, peu d’école d’ingénieur s’intéressent à ce secteur, aussi l’Université devra jouer un rôle majeur et être un acteur incontournable dans la formation de ces nouveaux métiers.
• Cela implique une meilleure insertion des étudiants des universités dans la vie active, (plus de stages en entreprise, des formations professionnalisantes type Licence professionnelles ou Master 2 professionnel élargies que ce soit en terme d’effectif ou dans le spectre des matières enseignées, faire en sorte que le cursus pro à la fac devienne la norme). Il faudra pour cela vaincre certain a priori vis à vis de ceux qui pensent que l’université a d’abord un rôle d’instruction, de formation de maîtres, de chercheurs, ou d’universitaire. C’est le sens du message de François Bayrou :
« Confier à l’université une nouvelle mission : l’insertion et la formation professionnelle »
Actuellement trop d’étudiants engagés dans la voie des études en environnement s’arrêtent à Bac+4 avec un diplôme qui n’est absolument pas adapté au monde du travail. Ces étudiants doivent soit changer de filière, soit accumuler des stages, ce qui retarde leur entré dans la vie active.
- Par ailleurs il est aujourd’hui impossible de ne pas considérer l’écologie comme une matière multidisciplinaire, regroupant Biologie, physique, chimie mais aussi économie ou Droit. En ce sens un enseignement transversal de l’écologie, avec des modules adaptés dans chaque filière est non seulement souhaitable mais aussi indispensable. Les étudiants d’aujourd’hui seront les décideurs de demain, ils ne doivent pas découvrir à ce moment là les problématiques des OGM, du nucléaire, ou des pesticides.
2) Donner l’exemple : faire de l’Université un modèle d’administration eco-citoyenne.
• François BAYROU et Corinne LEPAGE se sont engagés à rendre rapidement les normes pour les nouvelles constructions plus exigeantes pour la performance énergétique. L’objectif étant de faire passer la consommation énergétique des nouveaux bâtiments de 50 kWh/m2, contre 450 kWh/m2 en moyenne aujourd’hui. Les résidences universitaires doivent donc en être rapidement bénéficiaire, et il faudra en profiter pour mètre un accent sur des systèmes de tri et de gestion efficace des déchets, un agrandissement des surfaces des chambres, une utilisation des énergies renouvelables. Si cela peut sembler être une dépense d’argent exagérée, il faut bien comprendre que ces investissements seront rapidement amortis par les économie en électricité, eau ou chauffage. Sur le long terme l’amélioration des bâtiments universitaires sera un point important pour une meilleure gestion des crédits aloués à l’enseignement supérieur. • Et, sur le long terme encourager la présence de produits Locaux, si possible provenant de l’agriculture biologique dans les Restaurants universitaires.
3) Enfin il est impensable de penser à un développement de l’écologie à l’Université sans développer une recherche étique et active dans le domaine de l’environnement.
• Pour aller dans le sens du programme de Cap21, François Bayrou s’est engagé à un basculement d’une partie des crédits de la recherche dans le domaine énergétique. Actuellement consacré à plus de 80% au Nucléaire, il sera effectué un rééquilibrage vers les énergies renouvelables.
• Il faudra investir dans la filière ligno-cellulosique et l’utilisation de la totalité de la plante (amidon) dans les nouveaux matériaux.
• Favoriser la recherche permettant aux pays du Sud de se développer.
• Concentrer les efforts financiers dans la recherche fondamentale, qui est à la base des découvertes de demain. Et facilité et encourager les financements mixtes, privé/public pour la recherche appliquée. En permettant par exemple, aux chercheurs de fonder plus facilement leur entreprise à partir des technologies innovantes qu’ils auront développées. C’est les sens de la proposition de François Bayrou qui veut exempter d’impôt les revenus des brevets déposés par les chercheurs résidant en France.
Il existe aujourd'hui une structure fédérale étudiante qui défend les valeurs écologistes et humanistes dans l'enseignement supérieur: FAC Verte. Il faut appuyer les initiatives que porte cette association, parmi elles la conduite d'audits énergétiques dans les établissements, la mise en place de plan de déplacements étudiants, faire entrer le bio dans la restauration universitaire, etc.