Points de vue croisés sur l'ourse Franska et la préservation de la biodiversité animale

Publié le par Le Vigilant parisien

2ae4cfc77d802c8d604fe9f3561bec6e.jpgUne fois de plus, le débat est relançé sur la re-introduction d'espèces disparues en France, avec la mort accidentelle de l'ourse Franska.

Mais cette fois-çi, il semblerait que le gouvernement s'accorde à penser qu'une trève soit nécéssaire afin de peser dans une intelligence prospective la problématique. Car l'objectif est bel et bien d'aller plus loin que de savoir s'il faut ré-introduire ou non des espèces animales en vue de restaurer un semblant de biodiversité dans des espaces "dits naturels".

A ce sujet, voici la problématique éclairée selon 2 points de vue écolos

- Le premier est celui de Julien SAGE, militant Vert en lice pour Nanterre 2008: mon copain Ju' propose d'éclairer cette affaire en faisant état d'une comparaison naturaliste entre différents dispositifs de ré-introduction d'espèces.
Son constat est écologiquement évident: l'espèce animale ré-introduite est le bouc-émissaire pour des agriculteurs victimes d'un sevrage d'aides "agricoles" qui les empechent de participer à la re-construction d'une agriculture et d'un pastoralisme innovant qui aient le courage de remettre en cause une PAC et une vision de l'agriculture qui fait disparaitre le métier de paysan. Il voit très justement l'agriculteur comme une victime de l'agro-alimentaire qui n'a d'agro que les maigres investissements faits par les firmes dans la participation à la survie du monde paysan et dans la pseudo recherche d'arômes, de goûts et de conservation alimentaire.

- le 2nd est celui de Corinne LEPAGE, présidente de CAP21, co-fondatrice du MoDem, et ancienne ministre de l'Environnement qui demande à faire un constat d'évidence sur l'échec des politiques de ré-introduction. Elle propose d'ouvrir les yeux sur les conséquences néfastes de ces décisions qui ne font que déchainer les passions et qui alimentent, comme sur le dossier OGM, les critiques sur l'écologie taxée d'intégrisme alors qu'elle cherche en fait à proposer de reconstruire.

Il faut désormais en la matière raisonner sans accéder aux requêtes pour des raisons politiques mais pour des évidences "naturelles".
On nous apprend en Géographie que le "milieu naturel" n'existe plus au sens strict du terme à partir du moment où il a été touché par l'Homme. Il n'existe presque plus de milieux "vierges" de nos jours. Donc osez dire que nous allons re-introduire des espèces dans leurs milieux naturels est d'une hypocrisie crasse: Franska renversée par une voiture, et piegée par l'Homme et un pot de miel "tueur"; ces éléments étaient-ils présents à l'époque où l'ours vivait tranquille dans nos contrées? où se trouve le "naturel"? est-ce une fatalité?
Faudra-t-il continuer de dépenser des fortunes pour "protéger" des espèces dont les habitudes de vie ne sont plus adaptées à celles qu'elles eurent connu fut un temps?
Car cela vaut pour l'Homme comme pour l'animal: nous sur-dépensons pour contrer les "déviances comportementales" de l'Homme (Sécurité Routière, sur-médication, braver les interdits, sur-consommer, etc), comme nous sur-dépensons pour tenter de proposer un habitat "sur-naturel" à des espèces qui ne pourront que braver le "sur" pour retourner au "naturel". Au final, tout le monde est perdant: on dépense mais la vie ne perdure pas comme elle devrait.

Corinne et Julien le soulignent avec force, la décision du gouvernement sur le plan de re-introduction le confirme: il faut que nous reflechissions à la politique que nous voulons en matière de protection de la bio-diversité. Avant de prendre toute décision, il faut désormais faire réfléchir tout le monde, ainsi que les Institutions aux conséquences des gabegies que nous continuons d'entretenir. L'évaluation ante et post est fondamentale, et fait partie de la démarche d'écologie politique, car elle doit tendre à faire prendre conscience à tous qu'un nouveau modèle de développement doit être basé sur des prises de décisions non passionnelles et prospectives.  

Nous devons inventer un autre monde, çà n'est pas une lubie d'écolo borné intégriste, mais une évidence furieuse qui nous touche tous les jours; certes contraignante mais qui au final nous permettra d'économiser et de vivre en respectant tout le monde, sans attiser les passions.

Nous devons continuer de re-introduire des espèces animales, mais à la seule condition de proposer et de re-inventer parallèlement des pratiques pastorales et consumeristes en phase avec l'harmonie des espèces dont nous faisons partie. Il faut désormais prendre le problème par le bon bout et accompagner le monde paysan dans la reconquète de son metier et le monde animal dans la reconquète de ses territoires. Il n'y a aucune raison pour ne pas retrouver les équilibres que nous avons chamboulé. 

PS: merci à Julien pour la photo originale que je reprend de son blog http://web2ju.net/

Publié dans Coup de gueule

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M
vas VOIR mon blog une video de moi<br /> explique ma demarche humaine<br /> peut tu demander a tous de la regarder afin de comprendre<br /> <br /> mon blog<br /> <br /> http://michaelconan.over-blog.com/
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